« Le tourisme ne meurt pas mais tombe malade ». C’est le slogan brandi par le personnel du tourisme depuis que les agences de voyage aient annulé les réservations et les compagnies d'aviation aient suspendu les vols en raison du coronavirus.
Ce n'est pas la première fois que le tourisme passe par une pareille crise. Le tourisme international a connu des périodes difficiles similaires notamment après l'émergence du syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) en 2003, durant les événements du 11 septembre aux Etats-Unis en 2001 et la crise économique et financière mondiale en 2009. Cependant le tourisme a réussi à se rétablir vite de ces crises et à prospérer les années suivantes.
L'Organisme mondial du tourisme (OMT) a déclaré que le tourisme n'a cessé de progresser au cours des dernières années en dépit des crises précédentes, montrant ainsi la robustesse et la flexibilité du secteur.
Selon l'OMT la pandémie du nouveau coronavirus pourrait avoir un impact sur l'économie mondiale. Le nombre de touristes à l'échelle mondiale baisserait de 1 à 3% durant l'année courante. Les pertes estimées, selon l'Organisation, varieraient entre 30 et 50 milliards de dollars (USD) en raison de la baisse des recettes touristiques.
L'OMT indique que la seconde crise qui a lourdement impacté le tourisme mondial, sur le court et le moyen termes, concerne les événements du 11 septembre en 2001, année qui a connu une croissance de seulement 1% alors qu'elle était de 3 à 4% lors des huit mois ayant précédé les attaques. Dans cette veine, l'OMS détaille que le tourisme avait baissé de 8%, par rapport à l'année précédente, pendant les trois mois consécutifs à ces événements.
L'Organisation mondiale affirme que le tourisme est le secteur qui a été le plus touché par la propagation du Covid-19, avec un recul de la demande en particulier en Chine dont les touristes font des dépenses parmi les plus élevées au monde, suivie des principaux marchés asiatiques et de l'Europe notamment l'Italie.
L'OMS signale que les restrictions sur les voyages et l'annulation ou la réduction des vols ont largement contribué à la baisse des services liés aux voyages aussi bien au niveau local qu'international. Et d'ajouter que le nouveau coronavirus est devenu une nouvelle menace pour l'économie mondiale déjà affaiblie.
Elle prévoit que l'Asie et les pays riverains de l'océan Pacifique soient les régions les plus touchées en 2020 avec une baisse de 9 à 12% du nombre de touristes en raison de la pandémie. Les petites et moyennes entreprises seraient menacées de faillite. L'OMS a appelé les pays les plus touchés à prendre des mesures de soutien au tourisme.
Efforts pour rapatrier les ressortissants
La fermeture des frontières de la majorité des pays du monde pour faire face à la pandémie de coronavirus (Covid-19) a empêché que les touristes, bloqués dans certains pays, rentrent chez eux. Il s'agit d'une importante crise qui est à l'ordre du jour des gouvernements du monde, qui mènent une course contre la montre pour rapatrier leurs ressortissants.
Beaucoup de touristes, en voyage à l'étranger, ont été pris de court car ils se sont retrouvés dans l'incapacité de regagner leur pays à partir des aéroports en raison de la suspension des vols. Dans ce contexte, la ministre d'Etat pour l'Immigration et les expatriés égyptiens, Nabila Makram a déclaré que l'Etat oeuvrait pour rapatrier au plus vite notamment les 95 ressortissants égyptiens bloqués aux Iles Maldives. « Des efforts sont déployés pour rassembler les personnes bloquées dans des pays de l'Asie de l'Est afin d'examiner la possibilité de les rapatrier à bord de vols », a-t-elle dit.
Une autre crise attend les touristes désireux de rentrer chez eux mais dont les pays n'ont pas décidé de mettre en service des vols de rapatriement de leurs ressortissants. Vu la suspension des vols par la majorité des compagnies d'aviation dans le monde pour juguler le Covid-19, les touristes étaient dans l’impasse surtout avec la hausse exorbitante des prix des billets.
Les pays européens ont témoigné ces derniers jours d'une importante opération de rapatriement de leurs ressortissants malgré la présence encore d'un nombre d'Européens bloqués dans d'autres pays du monde. Des milliers de touristes européens ont été rapatriés, ces derniers jours, à bord de vols spéciaux à partir de la Bolivie et du Nicaragua. Un groupe composé de 400 ressortissants européens a quitté l'aéroport bolivien de Santa Cruz pour Paris à bord d'un vol affrété par l'Union européenne.
Il s'agit de Français, d'Espagnols, de Belges, de Néerlandais et de Britanniques. Le bureau de l'Union européenne en Bolivie a posté le tweet suivant : « Une opération de coordination entre le ministère bolivien des Affaires étrangères, l'Union européenne et l'ambassade de France a permis aux ressortissants européens, de 21 nationalités, de regagner l'Europe ».
En Amérique centrale, près de 250 touristes européens, bloqués au Nicaragua, ont été rapatriés vers l'Allemagne à bord d'un vol affrété par Berlin, grâce à un soutien de l'Union européenne. « Les touristes européens dont la moitié est de nationalité allemande, se sont retrouvés dans l'incapacité de quitter le Nicaragua après la suspension des vols commerciaux partout dans le monde », a révélé un communiqué rendu public par l'ambassade d'Allemagne au Nicaragua.
En Turquie, les personnes bloquées dans la ville d'Istanbul, sont confrontées à une plus grande crise. La Turquie avait décidé la suspension de ses vols vers tous les pays du monde dans le cadre des mesures de prévention visant à juguler la pandémie du nouveau coronavirus. Elle a également décrété une interdiction des déplacements non essentiels entre les villes sauf sur permission des autorités
Le COVID 19, la crise la plus affreuse
Le secteur du tourisme presque partout dans le monde fait face à une importante crise du fait de la suspension des vols, des voyages et de l'adoption de mesures de prévention par tous les pays pour juguler la pandémie de nouveau coronavirus.
Les économies mondiales qui comptent sur le tourisme sont accablées de problèmes étant donné qu'il n'y a plus, pour le moment, de tours opérateurs ni d'hôtels en raison de la suspension des vols.
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a dressé récemment un rapport d'évaluation de l'impact éventuel de la pandémie sur le tourisme international. Le texte prévoit que le nombre de touristes internationaux baissera de 20 à 30% en 2020 soit des pertes comprises entre 300 et 400 milliards de dollars (USD). Ce montant est équivalent au tiers des recettes réalisées par le tourisme en 2019 se chiffrant à 1,5 trillions de dollars.
Selon l'OMS, la communauté internationale est face à un défi social et économique sans précédent. Elle a fait part de son soutien aux parties affectées et signalé que l'impact du coronavirus aggrave la situation dans les pays où la croissance économique est déjà au ralenti.